Historique

 

diploma-1983725_1280

La formation en archivistique à l’université de Haute-Alsace

C’est en 1976 à la Faculté des Lettres de Mulhouse que la plus ancienne formation universitaire au métier des archives est créée sous le nom de Licence des techniques d’archives et de documentation – la Litad – par le Professeur Raymond Oberlé. Archiviste de la ville de Mulhouse et Professeur d’histoire à l’université de Haute-Alsace, il souhaite une formation d’archivistes capables de gérer des archives communales, notamment pour les villes de moyennes importances[1]. Un rapport de la commission « archives » du VIe Plan pour la protection du patrimoine culturel (1971-1975) révèle en effet l’inquiétante situation de la gestion des archives au sein des administrations. La Litad vise alors à « préparer un personnel spécialisé dont la culture générale solide serait complétée par une formation professionnelle répondant à la triple vocation de l’archiviste communal : administrative, scientifique et culturelle. »[2]. La formation, reconnue par les professionnels, donne ainsi accès à la fonction publique territoriale. Jusqu’en 1987, elle est gérée par un conseil de perfectionnement largement représenté par les professionnels, qui se charge de l’adaptation permanente aux besoins du marché de l’emploi »[3].

En 1980, Raymond Oberlé obtient la mise en place d’un DESS des techniques d’archives et de documentation (Diplôme d’Études Supérieures Spécialisées). Ce n’est cependant qu’en 1984 que le diplôme apparaît aux côtés de la licence sur la liste des diplômes nécessaires au recrutement direct dans le statut de la fonction communale, grâce à l’appui de l’Adelitad et de l’AAF[4] (le recrutement des archivistes se faisait alors sur titres[5]).
Les titulaires d’un diplôme d’études universitaires générales (DEUG) en histoire s’inscrivaient en licence ; les titulaires d’une maîtrise d’histoire préparaient le DESS. La proportion d’étudiants en DESS représentait alors le tiers des inscrits en licence[6].

En 1987, l’université obtient l’habilitation de la licence des Métiers de la culture, des archives et de la documentation pour les collectivités territoriales. La Litad est ainsi transformée en Licence Mécadocte afin de créer une nouvelle formation élargie, rénovée, et plus interdisciplinaire pour répondre à la demande des collectivités territoriales et des entreprises en archivistes-documentalistes polyvalents, ayant de bonnes connaissances en informatique documentaire[7]. Elle est prolongée en 1990 sous l’impulsion de Paul Delsalle, par la Maîtrise Mécadocte afin de rendre la formation complète : Licence – Maîtrise – DESS.

Ces deux habilitations ont été obtenues sur présentation d’un dossier qui bénéficiait du soutien d’organismes locaux (la Chambre de commerce et d’industrie de Mulhouse, la ville de Mulhouse, la Société industrielle de Mulhouse, le Centre de culture scientifique et technique de Mulhouse, les musées techniques de Mulhouse) et d’organismes nationaux (la Direction des archives de France et la Direction des musées de France)[8]. La filière Mécadocte prolonge l’idée de la Litad en offrant aux étudiants une formation unique en France qui débouche sur un diplôme à finalité professionnelle. Elle permet à des étudiants de divers horizons de se spécialiser dans le domaine des archives, qui se développe plus particulièrement dans le domaine industriel.

Avec la réforme de Bologne, le master professionnel en Sciences humaines et sociales mention Information-Documentation spécialité Archivistique succède à la formation Mécadocte en 2005. Il permet alors une professionnalisation en deux ans de niveau Bac+5, avec un enseignement en archivistique et documentation, ainsi qu’en archivistique d’entreprise. Le master offrait par ailleurs la possibilité d’une année d’échange à l’EBSI à l’université de Montréal ou à la Fachhochschule de Postdam en deuxième année[9].
Il est concomitant à la création de la licence professionnelle GEIADOC – Gestion de l’information, des archives et de la documentation, qui associe « techniques de l’archivistique et de la documentation dans une conception transversale »[10], où l’objectif est de donner aux étudiants une « appréhension technicienne de tous les types de documents, quels que soient leur support et leur usage, la maîtrise des nouvelles technologies et une réflexion sur l’information »[11][12].

Le master MécadocMétiers de la Culture des Archives et du Document – est institué en 2013. Il poursuit l’exigence initiée depuis la Litad avec l’objectif de former des professionnels polyvalents capables d’assurer un niveau d’expertise et de mise en œuvre de projets patrimoniaux conformes aux attentes des collectivités territoriales et des sociétés privées[13]. En sus des enseignements dispensés par les enseignants-chercheurs, il continue de faire appel à des professionnels tout au long du cursus. La formation s’appuie aujourd’hui sur les référentiels métiers, les retours des étudiants et sur ceux des anciens étudiants, ainsi que sur les stages. Un accroissement des heures de cours portant sur la formation dans le domaine numérique a été apporté avec plus de 130 heures sur deux ans. Pour plus de professionnalisation les stages ont également été allongés jusqu’à 3 mois en Master 1 et jusqu’à 6 mois en Master 2.

À la suite de Raymond Oberlé, Odile Kammerer a dirigé la formation de 1978 à 1990. Avec la création d’un poste de Maître de conférences en archivistique en 1990, Paul Delsalle en prend la direction jusqu’en 1995. Florence Ott assurera une direction intérimaire de la formation jusqu’en 1999, date à laquelle Anne-Marie Bruleaux sera nommée jusqu’en 2014. Camille Desenclos est responsable de la formation depuis cette date.

L’organisation des formations de 1976 à 2017

La Licence des techniques d’archives et de documentation (Litad)

Accessible pour les titulaires d’un DEUG mention histoire ou lettres. La licence s’articulait autour de 9 Unités de Valeur (U.V.) et d’un stage de 4 mois dans un dépôt d’archives : archivistique, problèmes culturels, histoire moderne, histoire contemporaine, langue vivante, documentation et informatique, droit public, administratif et financier, paléographie allemande ou française, et latin.

La Licence des Métiers de la culture, des archives et de la documentation pour les collectivités territoriales (Mécadocte)

Elle permet aux étudiants d’acquérir les bases de l’archivistique. Comme la maîtrise, elle est organisée autour de 2 options :
Option 1 : culture scientifique et technique
Option 2 : techniques d’archives et de documentation, qui reprend avec quelques modifications, le contenu de l’ancienne Litad.
Les matières s’articulaient autour de la pratique administrative et le droit (U.V. 1), l’histoire, histoire de l’art et animation culturelle (U.V. 2) une langue vivante (anglais ou allemand) (U.V. 3), la technique de base de la documentation (U.V. 4), enfin l’archivistique, la paléographie, les stages (U.V. 5).

La Maîtrise des Métiers de la culture, des archives et de la documentation pour les collectivités territoriales (Mécadocte)

donne la possibilité d’approfondir la connaissance des institutions, des fonds et des documents.
Option 1 : Muséologie scientifique et technique
Option 2 : Techniques d’archives et de documentation.
En 1991, le volume horaire de la maitrise est doublé, en passant de 25 à 50 heures. L’enseignement porte principalement sur la connaissance des documents administratifs, les archives des villes et des communautés rurales, les archives religieuses, seigneuriales, notariales, judiciaires, hospitalières ou fiscales.

On retrouve les matières enseignées en licence à un niveau supérieur : méthodologie de la recherche documentaire, informatique documentaire, techniques audiovisuelles et communication, histoire, langue vivante (anglais ou allemand), animation culturelle, archivistique, paléographie, latin médiéval.

Le DESS

En s’achevant par le DESS, la formation Mécadocte permet aux étudiants de se spécialiser parmi quatre options – les archives d’entreprises ; les archives d’organismes publics ou privés ; les nouvelles technologies archivistiques ; la pratique archivistique à l’étranger ou en Outre-mer[14] -, où les matières enseignées sont l’archivistique, la paléographie, la muséologie, l’animation culturelle, l’informatique et documentation, le droit constitutionnel et financier, l’histoire économique et la géographie économique.

Le Master Métier de la culture, des archives et du document (Mécadoc)

Le master s’articule autour de deux spécialités : Archivistique et Muséologie. Il est organisé autour de 3 semestres de cours théoriques et pratiques et 1 semestre de stage. Le parcours Gestion des archives intègre des enseignements communs avec le parcours Gestion et animation des patrimoines qui permettent l’acquisition de compétences en matière de gestion du patrimoine. Ils intègrent les évolutions récentes du métier (ouverture des archives d’entreprise, développement de l’informatique dans les administrations, etc.) tout en préservant ses aspects traditionnels (paléographie, diplomatique, histoire des institutions).

[1] Oberlé, Raymond. La licence des techniques d’archives et de documentation. In: La Gazette des archives, n°103, 1978. pp. 244-246.
[2] Oberlé, Raymond. Ibid.
[3] Chezeau, Nicole, Chourreu, Pierre, Delsalle, Paul et Jacqué, Bernard. « La formation aux métiers des musées et des archives ». Bulletin des bibliothèques de France (BBF), 1994, n° 5, p. 46-51. Disponible en ligne : <http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1994-05-0046-007&gt;. ISSN 1292-8399.
[4] Parution au JO du 14 juillet 1984 (arrêté du 13 juin 1984) (cf. : Kammerer Odile. La formation archivistique de l’Université de Haute Alsace. In: La Gazette des archives, n°128, 1985. pp. 50- 57).
[5] Juliat, Christine. La première formation en archivistique à l’université de Haute-Alsace. In: La Gazette des archives, n°222, 2011. L’archiviste dans la cité. pp. 43-47.
[6] Kammerer, Odile. La formation archivistique de l’Université de Haute Alsace. In: La Gazette des archives, n°128, 1985. pp. 50- 57.
[7] Chezeau, Nicole, Chourreu, Pierre, Delsalle, Paul et Jacqué, Bernard. Op. cit.
[8] Chezeau, Nicole, Chourreu, Pierre, Delsalle, Paul et Jacqué, Bernard. Ibid.
[9] Bruleaux, Anne-Marie, « L’archivistique spécialité de master à l’Université de Haute-Alsace », Présentation au stage technique international d’archives, Paris, 30 mars 2010. Disponible à l’adresse: https://francearchives.fr/file/4e5b92403c265eb614ec7b9c2fb773ba3156f057/static_3819.pdf.
[10] Fiche d’information Onisep. Disponiblie à l’adresse: file:///C:/Users/Alice/Downloads/UHA_Gestion_de_l_information_des_archives_et_de_la_doc%20(2).pdf.
[11] http://www.qualicube.fr/formation/332/universite-de-haute-alsace-flsh/licence-professionnelle-gestion-de-l-information-de-l-archivage-et-du-document-geiadoc
[12] Fiche d’information Onisep. op. cit.
[13] Master Mécadoc – spécialité archivistique, livret de l’étudiant, 2016-2017.
[14] Delsalle Paul. La formation des archivistes des collectivités territoriales et des entreprises à l’Université de Haute-Alsace. In: La Gazette des archives, n°156, 1992. pp. 42-49.

WordPress.com.

Retour en haut ↑